L’interview « portraits de Mampreneures » a pris un peu de retard en mars, confinement oblige ! C’est avec Michèle Rabier, secrétaire indépendante installée et confortablement confinée dans sa maison de l’Essonne, que nous avons pris un moment pétillant plein d’audace (et ça fait du bien !).

article rédigé par Céline Weber, de Uppercase

 Il faut parfois un coup de pouce de la vie, même inopportun, pour faire naître ses projets. Michèle, salariée depuis des années dans un cabinet d’expertise comptable, rêvait de passer au statut d’indépendante. Cette envie bien enfouie demeurait son jardin secret : sans raison « légitime », elle n’osait pas franchir le cap audacieux et ouvrir sa propre entreprise. Le coup de pouce qui a convaincu Michèle de devenir indépendante s’est présenté sous la forme d’un burnout professionnel en 2015.

« C’était maintenant ou jamais », alors Michèle a vécu une année de chamboulements professionnel et personnel lui permettant de façonner son projet qui enfin, allait devenir concret.

Pour lui mettre le pied à l’étrier, une amie qui ouvrait son cabinet comptable à cette époque a fourni ses premiers dossiers à Michèle sur des sujets qu’elle maitrisait par cœur. Sa clientèle toute trouvée, artisans et indépendants, allaient pouvoir compter sur son expérience et sa valeur ajoutée en tant qu’aide comptable et secrétaire. Sa botte secrète ? Les relances clients et les recouvrements en souffrance ! Michèle, effarée des sommes restant à percevoir par ces indépendants et artisans qui courent du soir au matin, prend en charge avec ténacité ces dossiers pour ses clients. Parce que tout travail mérite salaire (et paiement).

Equilibre, organisation et sérénité

Aujourd’hui, le ciel est bleu pour Michèle qui a balayé stress et contrariétés de sa vie, et qui orchestre son emploi du temps en fonction de ses clients réguliers selon un tempo impeccable.

Cette stabilité aujourd’hui acquise convient également à son entourage : un fils « grand ado » qui peut compter sur l’appréciable souplesse de sa maman, et un conjoint qui l’a poussée dans la direction de l’entrepreneuriat, convaincu qu’elle s’y épanouirait. Enfin, les amies, les proches ont eux aussi poussé Michèle à sortir de sa coquille – sans regret aucun.

L’emploi du temps de Michèle fait pâlir d’envie par sa parfaite organisation : enthousiaste, elle décline par cœur les jours consacrés à tel ou tel autre client, et jongle les yeux fermés entre les entreprises où elle se rend de façon hebdomadaire ou mensuelle, selon les dossiers à traiter.

Dans ce déroulé sans failles, les activités personnelles n’empiètent pas en journée : la danse africaine, la percussion (djembé), les sorties avec les amies sont rigoureusement cantonnées aux soirées.

En riant, Michèle évoque son bureau à la maison, îlot « un peu en bazar » surnageant dans une pièce consacrée à d’autres activités domestiques. On y retrouve tout de même quelques dossiers associatifs que Michèle supervise, et une carte représentant Baloo, l’inimitable ours du Livre de la Jungle, avec une citation que Michèle garde en tête « Plus tu t’en fous, plus t’es heureux », comme un clin d’œil pour lui rappeler que le lâcher-prise, c’est tous les jours !

 Amis et réseau comme une seconde famille

Et tous les jours, Michèle partage bonnes et mauvaises nouvelles avec ses plus proches amies sur lesquelles elle peut compter. Les bonnes nouvelles se célèbrent immanquablement au restaurant entre copines, un rituel ancré qui connait forcément des aménagements en temps de confinement. « On a remplacé les sorties par des apéros en visio » indique Michèle, en attendant des jours meilleurs.

Pour digérer les mauvaises nouvelles, lorsque Michèle n’appelle pas une amie, elle donne vie à toutes sortes de créations avec ses dix doigts : la minutie requise pour les œuvres de broderie diamants, couture ou tricot sont des fabuleux remèdes qui permettent de se vider la tête efficacement. 

Au niveau réseaux, elle adore sa place d’entrepreneure expérimentée chez les Mampreneures de l’Essonne qu’elle a rejoint depuis 2016. La complémentarité des profils, la chaleur humaine et l’empathie que dégage le groupe des Mampreneures réjouit Michèle qui en parle comme d’une famille. Si son emploi du temps actuel ne lui permet pas d’assister à tous les MamCafés, Michèle avoue que ces rencontres mensuelles lui manquent et l’enrichissent toujours.

« La chose du jour qui te satisfait et/ou qui te rend fière de toi ? », c’était la question que posait le mois dernier Christelle Schnitzler, interviewée ici même. C’est en gardant en tête un des derniers MamCafés auquel elle a assisté sur « le savoir dire non » que Michèle peut répondre à la question de Christelle. Ce qui l’a rendue fière le jour de notre interview, c’est qu’elle saurait sans sourciller faire une mise au point nécessaire avec un de ses clients. Savoir dire non pour mieux avancer. L’audace, lorsqu’on est entrepreneure, n’est pas de toujours dire oui !

A son tour, Michèle a une question pour la prochaine Mampreneure qui posera ici pour un portrait mensuel « quelle est ta citation préférée ? Quel lien y vois-tu avec toi ? »

Merci Michèle de ton enthousiasme et ton audace !